No3 Minute 10
3. La Suède n’a pas confiné et compte beaucoup moins de morts que nous (à 10 min)
«Quant à la Suède, qui n’a pas confiné, les chiffres parlent d’eux-mêmes», explique la voix off, soucieuse de souligner, en termes de décès, la différence entre la France et ce pays scandinave. Et de montrer une infographie selon laquelle la Suède a connu un pic à 111 morts au printemps, tandis que la France affichait un sommet à 1 438 morts le 15 avril. Problème : le «pic français» du 15 avril n’a pas grand sens. Ce jour-là, les données incluent le bilan quotidien des morts à l’hôpital (514), mais aussi et surtout celui des Ehpad (924 morts), qui n’est, lui, remonté que tous les trois ou quatre jours, et qui représente donc plusieurs jours de décès cumulés. Ainsi, les chiffres, pris en moyenne sur sept jours, afin de lisser les soubresauts statistiques propres à chaque pays, montrent un pic suédois de 99 morts le 16 avril, tandis que l’Hexagone connaît le sien, avec 974 morts, le 9 avril.
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Rapporté à la taille de chaque population, cela donne un pic de 9,7 morts pour un million d'habitants en Suède, contre 14,5 morts pour un million d'habitants en France. Soit un pic 1,5 fois plus important pour la France par rapport à la Suède, contre 13 fois plus important dans le documentaire. Et encore, le pic Français, à ce moment-là, est gonflé par la remontée tardive des décès dans les Ehpad, qui ne sera mise en place que début avril. Car sur toute la première vague, et pas seulement au moment du pic, la Suède comptait, en cumulé, davantage de morts que la France : au 18 juin, elle enregistrait ainsi 494 morts par million d’habitants, contre 442 par million d’habitants pour la France.
Par ailleurs, dire que la Suède n’a pas confiné, c’est aller un peu vite en besogne. Certes, le pays n’a pas connu de confinement strict comme la plupart des pays européens. Mais sa population a d’elle-même réduit, sur «recommandations» du gouvernement, une grande partie de ses interactions sociales. Par ailleurs, lors de la première vague, les lycées et facs ont été fermés et les rassemblements de plus de 50 personnes, tout comme les visites dans les maisons de retraite, étaient interdits.